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Draéna

Draéna

Une vie parmi tant d'autres


5- Le choix

Publié par Ranks sur 24 Novembre 2015, 11:09am

Catégories : #TESO

5- Le choix

Le cheval trépigne sur place, il n’est jamais resté aussi longtemps sans parcourir les Terres. Il souffle par ses naseaux et plus d’une fois la main de Draéna vient lui caresser l’encolure pour tenter de le calmer. Mais lui est las d’attendre, ses sabots fouettent nerveusement le sol sableux, il sent ou plutôt pressent que le départ va être donné. De ses grands yeux il regarde ses congénères et pousse un hennissement d’encouragement à se mettre en route.

 

Serrant les jambes plus fortement sur le cheval, elle tire sur les rênes, mais voyant que le pur sang Yokudan n’a qu’une envie, elle se couche sur lui et lui murmure doucement :

 

« Doucement mon prince, le sable sentira toute ta puissance. Quand à la Terre, elle frémira de tes pas et très bientôt tu pourras montrer ta splendeur mais pour l’heure : Vois toutes ses juments qui te regardent, quelle impression garderont-elles de toi, si tu ne sais être patient… »

 

Surement réconforté par ses mots ou simplement par la voix de la jeune femme, le chargeur Yokudan se calme, et tourne la tête vers les autres chevaux. Draéna regarde le campement, se souvenant qu’hier encore, des tentes, des feux, des chariots étaient ici et là. Le désert commence peu à peu à reprendre ses droits, effaçant petit à petit les traces du passage de l’Homme.

 

Yamir revient vers la caravane qui s’était composée et ordonne le départ, après avoir vérifié que rien n'est oublié. Draéna frémit à cet ordre, elle-même trépigne d’impatience, comme son cheval elle a hâte de partir dans cette nouvelle vie, cette nouvelle aventure. Elle laisse la caravane s’ébranler doucement et reste en arrière. Aux aguets, elle assure durant tout le voyage la sécurité de l’arrière, attendant les retardataires, aidant s’il le faut à pousser les chariots dans les montées trop raide. Son armure lourde, qui lui pèse sous le poids et la chaleur ne l’avantage pas, mais elle sait que d’un point de vue psychologique, des pillards voyant une caravane protégée par des gens en armes et armures lourdes, étaient plus à même à réfléchir à deux fois.

 

Le voyage est sans encombre, une première halte aux abords de Sentinelle pour reprendre des forces. Un moment privilégié pour en apprendre d’avantage sur les membres du groupe qui compose cette Horde. Elle prends son tour de garde comme chacun, et au moment d‘aller dormir, une angoisse. La même que celle qui la ronge chaque nuit depuis quelques mois. Elle ne ressent plus le besoin de dormir, lorsqu’elle ferme les yeux, le sommeil ne vient pas. Et si par bonheur, elle s’endort, le sommeil n’est que de courte durée, une à deux heures au grand maximum. Une à deux heures où son esprit relâche l’emprise sur l’Autre qui sournoisement en profite pour lui "montrer". Elle se voit gambader à quatre pattes, traquer un gibier, l’attaquer et se repaître de ses chairs. Et lorsque les rêves sont trop oppressant pour elle, son esprit sonne l’alarme et elle se réveille en sueur, le souffle court, le cœur battant plus que de raison.

 

Mais cette nuit là, pas de rêve ou du moins, son esprit n’en retient pas trace. La chasse d’il y a quelques jours avait dû calmer la Bête. Elle dort une heure avant de se réveiller. Son esprit en alerte a sentit ou entendu quelque chose. Une menace ? Elle écoute attentivement les bruits du désert, accoudée sur sa couche. Essayant d’occulter les ronflements divers et les bruits parasites. Sur sa droite elle entends le bruit qui l’a réveillé : le grincement sourd d’une lanterne qui est doucement est bercée par le vent des sables. Elle se recouche sur le dos, posant son bras sur son front. Elle se sent en pleine forme mais reste allongée, désireuse de profiter de ce temps pour la réflexion…

 

Deux jours et deux nuits de bateau, le temps est clément avec la Horde. Elle n’a pas le mal de mer et les ondulations du bateau ne la gène pas, contrairement à Sharih qui passe son temps à rendre tous les repas qu’elle a pu faire depuis sa naissance… Au port d’Hunding, Draéna regarde chaque lieu, chaque choses, s'émerveillant des couleurs, des senteurs mais également du climat.

 

Elle repousse gentiment les gamins qui tournent autour de son cheval en tendant les mains pour recevoir l’aumône. Aux adultes qui seraient plus pressent, elle dit simplement d’un ton dur :

 

« Je n’ai pas d’or... Que de l’acier... ! » En tapotant son épée.

 

Le nouveau campement est moins grand, proche de la mer, ce qui pour elle est une bénédiction. Elle aide à monter les tentes, à décharger les chariots, et quand on l’y autorise, elle va prendre un premier bain de mer, se débarrassant enfin de cette armure devenue trop gênante pour elle. Le soir, le premier repas est simple, de l’alcool pour les autres, de l'eau pour elle, des brochettes de poisson, des rires, des discussions, la vie de la Horde reprend.

 

Le lendemain, elle charge son cheval de l’armure lourde et se dirige doucement vers le port Hunding. Elle part assez tôt pour ne pas souffrir du soleil sur la route. Arrivée au port, elle descends de cheval et parcourt les rues qui sont déjà animées. La vie dans le désert commence tôt et finit tard. Les habitants essayant au maximum de profiter des moments de fraicheur…

 

« 120.. et pas une pièce de plus.. » Dit l’orque en se grattant le menton.

 

La jeune femme a un rire nerveux et regarde le marchand puis son étal.

 

« C’est de l’acier de Daguefilante, forgé par un maitre forgeron Orque.. » répond-elle

 

« Ecoute ! » En baissant la voix, le marchand lui coupe la parole et s‘approche plus près.

 

« J’sais pas comment t’as eu cette cuirasse, mais ça sent l’mort à plein nez... Et j'veux pas d'problèmes ! »

 

Draéna le regarde et soupire. Prenant la cuirasse elle l’applique sur elle, montrant qu’elle seule pouvait la porter.

 

« S’bien s’que je dis… Personne ne pourra la porter sauf toi.. 100 pièces d’or ! » Dit l’Orque en regardant un enfant qui s’approche de l’étal. D’un geste de la main il lui fait signe de s’en aller.

 

L’enfant lui tire la langue et dit assez fort à Draéna : « Va voir le forgeron, il sera heureux de fondre ton acier et tu en retirera bien plus d’or que ce que te rachètera ce voleur… »

 

Draéna sourit au gamin, alors que le marchand le maudit de tous les maux. Laissant le marchand à sa colère, plus loin elle appelle le gamin qui la suit du regard. Lui promettant 1 pièce d’or pour lui servir de guide dans port Hunding et une autre pour "veiller" sur elle et ses affaires. L’enfant la regarde et renégocie avec audace : 1 pièce d’or pour la conduire dans Hunding, une autre pour veiller sur ses affaires et une autre pour négocier, arguant qu’elle était piètre négociatrice.

 

C’est avec un rire joyeux que la jeune femme accepte. Tendant la main vers l’enfant qui lui, crache dans sa propre main et serre fermement celle de Draéna, scellant ainsi le marché.

 

Elle suit donc le gamin tout en parlant avec lui. Elle apprends son prénom : Shemar, qu’il est orphelin ou du moins qu’il ne connaît pas ses parents et qu’il a toujours vécu ici. Il ne connaît pas son âge, mais vu sa corpulence, sa façon de parler, Draéna lui donne dans les 12 - 14 ans. Shemar semble connaitre tout le monde, du moins tous les gamins du coin qui, vite laisse Draéna sous la protection de l’enfant qui les rabrouent s’il essayent de quémander quoique ce soit. Elle remarque rapidement qu’il porte une petite dague dans le dos.

 

La jeune femme est subjugué par tant de maturité chez cet enfant, il connait chaque rues, chaque commerçants dont certains le regarde avec un air mauvais mais se ravise en voyant le beau cheval qu’il tire et la jeune femme qui l’accompagne. Quand à la garde d’Hunding bizarrement, les chemins que prends Shemar, lui font éviter chaque patrouille. Elle apprendra également que l'arrivée de la Horde n’est pas passée inaperçue et que déjà de folles rumeurs courent dans le Port à leur sujet : Riches marchands, mercenaires, bandits de grands chemins, pilleurs de tombeau…

 

Quelques minutes plus tard c’est avec une belle bourse emplie de pièces d’or qu’elle quitte la forge, une armure lourde en moins. Sur le marché elle s’attarde sur les étals des marchands d’armures de cuirs. Prenant certaines cuirasses, elle regarde l’état du cuir, les points de renforcements, ainsi que la légèreté. Elle opte pour différentes pièces, une cuirasse de cuir lourd possédant une capuche, ainsi qu’une pantalon court Khajiit, des épaulettes de style barbare, et divers bracelets en bandes de cuirs. La couleur de l'armure complète étant propice à se dissimuler dans le désert. Enfin des bottes souples.

 

Essayant à l’arrière de la boutique l’armure, elle ressort habillée sous les yeux de l’enfant qui siffle d’admiration. Elle paye le marchand et regarde sa bourse et en sort trois pièces d’or. Les tends à Shemar dont les yeux brillent. Il les prend avec avidité et après avoir mordu dans chaque pièce pour en vérifier l’authenticité, il les place dans une poche intérieure secrète de son pantalon. Il remercie longuement la jeune femme qui rougit à tant de gratitude.

 

« Sais tu où je pourrais trouver quelques fruits frais ? J’aimerai en rapporter à mon campement. » Demande t’elle.

 

L’enfant la prends par la main et l’emmène voir une vieille femme qu’il appelle Gran’m'man. A cette femme, Draéna achète des fruits divers, bananes, noix de coco, oranges, fruits secs, pommes et autres variétés de la région. Elle comprend que l’enfant n’est absolument pas son petit fils, mais qu’ici tous les enfants viennent la voir le soir et qu’elle leur donne volontiers les invendus de fruits. Par la force des choses Gran’m'man étant devenu son surnom.

 

Aux portes d’Hunding : « Que les dieux veillent sur toi Shemar ! » dit-elle.

 

« Ah pour sûr qu’ils veillent sur moi ! Et si tu reviens et que t'as besoin d’un guide. Va voir Gran’m'man, elle saura me trouver... Et ne t’adresse à aucun autre garnement… Ils seraient capables de tenter de te voler… » Le ton de l’enfant est sérieux.

 

Se baissant elle prends un mouchoir, y verse un peu d’eau de son outre et essuie la joue crasseuse de l’enfant. Le regardant, elle sourit et l’embrasse tendrement sur cette joue si propre qui contraste avec l'autre toute sale. L’enfant se laisse faire éberlué par tant de gentillesse.

 

Elle lui tends le mouchoir mouillé et lui dit :

 

« Je te promet de ne faire appel qu’à toi.. Mais promets moi de te laver un peu… Et si toi tu as besoin de moi : suis cette route, à quelques kilomètres nous y avons établis un campement dans une crique et demande Draéna. »

 

Elle le quitte pour retourner au campement, il restera de longs moments, un sourire béat, étreignant le mouchoir et regardant sa silhouette s’éloigner… Au campement, Draéna arrive et s’étonne de voir tout le monde réunit devant Yamir et Prisea.

 

S’approchant après être descendu de cheval, l’avoir débarrassé de sa scelle et des sacs de provision elle s’approche et s’enquiert de la raison de cet attroupement. Lisath lui réponds.

 

« Le dénommé Merwyn souhaite rejoindre la Horde. »

 

Draéna sourit à cette nouvelle, et s’approche pour voir la cérémonie d’intronisation du mage… Après l’accueil au sein de La Horde de Merwyn, Prisea souhaite s’entretenir avec elle. Elle ne redoute pas cette entrevue, elle l’attendait même. La discussion est rapide car la décision a déjà été prise par l’ancienne capitaine. Seul le moment n'était pas encore décidé. Pour elle tout ceci n’est que la suite logique de leur rencontre près de la Lame de Léki : Les dieux lui avait fait détourner son chemin vers ces palissades jusqu'à cette journée où elle avait vendue son armure lourde pour tirer un trait sur son passé. Cette armure qui lui pesait non seulement par son poids réel mais aussi par tout ce qu’elle représentait : Les Éclaireurs du Lion, l’armée, ses erreurs, sa fuite.

 

Mais avant toute cérémonie, Draéna souhaite faire un cadeau à la Horde, au nom de l’Étrangère, de l’Invitée qu’elle est encore pour le moment. Elle comprend et accepte qu’en entrant dans la Horde, elle ne posséderait plus rien. Ce qui ne la gênait pas car, elle n’avait rien, si ce n’est ses armes et son cheval.

 

Prenant doucement les mains de la Tukta’r, elle y place la bourse de cuir contenant le reste des pièces d’or issues de la vente de son armure. Celle-ci l’interroge, Draéna s’explique et s’incline respectueusement en demandant de ne pas refuser ce présent…

 

Ne portant que le strict minimum pour cacher sa nudité, la Rougegarde se tient droite, fière, les joues empourprées par tant d’attention et de regards sur elle. Des cris s’élèvent dans la nuit saluant sa Naissance au sein de la Horde et pour elle sa Renaissance...

 

Tandis que la voix de l’Ugakta’r retentit.

 

« HEL DO ALIK’R RRR, Saluez notre nouvelle Trail’r rrr Draéna… »

 

 

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La suite ici :

http://draena.over-blog.com/2015/11/6-genese.html

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