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Draéna

Draéna

Une vie parmi tant d'autres


8- Entraînement nocturne

Publié par Ranks sur 24 Novembre 2015, 11:37am

Catégories : #TESO

8- Entraînement nocturne

Encore une nuit sans pouvoir dormir à écouter les divers sons que l’obscurité lui porte. Son ouïe fine, entends, décrypte chaque sons, chaque souffles, chaque mouvements. Entre les ronflements divers, les bruits des animaux sauvage qui chassent et vivent au loin, d’autres sons ou chuchotement de corps qui se rapprochent la mette mal à l'aise. Rappelant avec violence à son corps et son esprit qu’elle est une femme encore pleine de besoins. Soucieuse de garder l’esprit clair et ne pas laisser l’Autre prendre le dessus, elle s’inflige une discipline stricte, mais constate de jour en jour qu’une brèche existe dans le bouclier. Laissant petit à petit les sentiments humain qu'elle avait enfouit au plus profond d'elle même, revenir inonder son cœur et son esprit. Cela a commencé avec Rosie, petite fleur qui sait comment l’attendrir avec ses gestes et son attitude touchante. Si fragile qu’on souhaiterai la protéger de tout. Pour parer à cette petite au trop plein de sentiment, la rougegarde se montre dur avec elle, évitant les contacts physiques. Puis il y a Nolwaën, qu’elle apprécie de plus en plus. Elle sent qu’une complicité se crée avec sa sœur et l’animal farouche et sauvage qu’elle est, se laisse approcher, voir même toucher sans la mordre. Le plus grave étant qu’elle se surprend à regarder sans complexes les hommes de la Horde, les jaugeant physiquement. Lors de la cérémonie des deux derniers Trail’r, elle ne s’est pas gênée pour scruter les anatomies d’Asgeir et Malik. Tout ceci la dérange, elle ne sait si elle doit laisser faire, sachant qu’une goutte d’eau traversant la roche, la fera un jour éclater ou bien se refermer plus encore, resserrer les rangs. Mais comment enrayer le processus déjà enclenché et cela affectera-t'il sa capacité à contrôler l’Autre ?

 

Se levant de la pierre où elle passe quasiment toutes les premières parties de nuit, elle récupère une épée et son bouclier en forme de croissant de lune. Comme chaque nuit, elle s'entraînera jusqu’à avoir mal. Ceci lui permettant de ne pas penser, de ne pas réfléchir, de ne pas laisser son esprit s’imaginer ou se créer des fantasmes. Et surtout de ne pas avoir peur. Se raccrochant à ce qu’elle connaît le mieux et qu’elle maîtrise, elle est ainsi sûre que son esprit ne se perdra pas.

 

Plus tôt, Yamir lui avait fait l’Honneur et le privilège de lui permettre de diriger un entraînement. Elle n’avait eut que quelques instants pour décider du type d'entraînement et opta pour un renforcement de la cohésion. Elle savait que chacun s'entraînait, soit individuellement soit par deux. Comme à son habitude, elle les avait observé, avait noté les aptitudes de tous mais savait qu’en groupe, les tempéraments, les habitudes de combat individuel prendraient le dessus sur le groupe et sa cohésion. Et de cette cohésion pouvait ou non dépendre une bataille ou des blessés.

 

Elle n’est pas certaine que le but final de l’entraînement ait été bien compris, trois des guerriers avaient prit trop à cœur l'entraînement, terminant furieux sur l’issue d’un combat à 2 contre 1. Leur testostérone ayant finalement prit le dessus.

 

*Petits coqs jouant à celui qui a la plus grosse..* Pense t’elle.

 

S’éloignant de quelques mètres du campement, elle porte son bouclier dans le dos, une épée rougegarde sur le côté et sur son épaule un morceau de bois qui pourrait faire office de lance. S’arrêtant un moment elle scrute le paysage, le ciel est étoilé, pas de nuages à l’horizon. La fraîcheur est telle qu’elle grelotte un moment, mais sait que la température de son corps va vite augmenter; du moins elle va tout faire pour. Positionnant son épée à l’intérieur de son bouclier, elle prends le morceau de bois et fait quelques mouvements avec pour s’échauffer. Rapidement les mouvements se transforment en une danse martiale, un combat contre des ennemis invisibles se déclare. Elle transperce de la lance, cogne du bouclier ou se protège. S’arrêtant quelques fois dans une position de combat basse, très basse, trop pour un Homme. Elle profite ainsi de sa condition féminine et sa petite taille. Dans cette position l'attaquant ne peut la toucher, il doit s'avancer et frapper de haut en bas en se déséquilibrant, ce qui est le but recherché. La lance est aussi bien utilisée en attaque qu’en défense, elle jette la lance de toute ses forces qui s’envole et se plante dans un bruit sourd dans un arbre à une dizaine de mètre. Sortant son épée, elle entame des passes d’arme, l’épée virevolte au dessus de sa tête pour frapper et tailler. Prenant un élan de quelques pas elle s’élève dans les airs pour frapper de la pointe de l’épée, le bouclier la protégeant. Simulant une attaque de côté, elle fait des roulés boulés avec rétablissement en position de défense basse ou haute. Jetant son bouclier, celui-ci s’envole pour frapper le torse d’un ennemi invisible et glisse sur le sable, parcourant ainsi quelques mètres. S’essuyant rapidement le front où coule de la sueur, elle régule son souffle pour récupérer rapidement. Et comme son père lui a appris, elle fait des katas à l’épée, changeant la façon de la tenir. Elle passe d’une position normale à une position inversée où la lame se retrouve dans le prolongement de son bras. Dans cette position elle simule un combat au corps à corps où elle trancherai dans le vif, donnerai coup de pieds, genou et tête ou se protégerai en levant les avant-bras.

 

Changement de main et elle revient à la position normale de l'épée. Sa main gauche plus habituée à tenir le bouclier semble moins agile avec l’épée qui est plus légère que le bouclier. Mettant sa main droite dans le dos, elle fait néanmoins quelques belles passes, consciente tout de même de son point faible mais elle y travaille chaque nuit.

 

Les heures passent et déjà les premiers rayons du soleil apparaissent. Transperçant le sable de son épée, elle s’agenouille respectueusement et prie doucement :

 

“Oh grand Tu'whacca,

Nous connaissons tout deux ce qui me touche et fait que je n’aurai jamais le droit d’arpenter le Panthéon des Héros, pourtant je réciterai et honorerai inlassablement le Quand nous passons, pour qu’on se souvienne de moi comme ayant toujours servi avec honneur et fierté Alik’r et les Rougegardes et que jamais je n'ai failli à ce devoir...

Ne pleurez pas pour votre père, car il va rejoindre son père.

Ne pleurez pas pour votre mère, car elle va rejoindre sa mère.

Fiez-vous qu'à vous-même, comme l'ont fait votre père et votre mère que vous rejoindrez un jour.

Traitez bien vos enfants, car un jour eux aussi vous rejoindront.

Priez pour les enfants de vos enfants, pour qu'un jour ils élèvent leurs propres enfants qui viendront également se joindre à vous

Marchez fièrement chaque jour avec la certitude en votre cœur que vous rentrerez à la maison.

Vous vous promènerez alors dans le Panthéon des Héros et vous trouverez le chemin vers les sables éternels des Lointains Rivages.

Il a été et sera de cette façon pour tous les Ra-Gada qui marchent sous l'œil bienveillant de Tu'whacca.“

 

En nage, elle sent tout les muscles de son corps endoloris. Elle retourne au camps en souriant, massant son épaule. Après avoir rangé son matériel et bu de l’eau, elle fait une rapide toilette et lave sa chemise qu’elle met à sécher. Laissant le camps s’éveiller doucement, elle prend une pomme et croque à pleine dent, simplement heureuse.

 

 

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La suite ici :

http://draena.over-blog.com/2015/11/9-le-coeur-et-le-corps.html

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