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Draéna

Draéna

Une vie parmi tant d'autres


9- Le cœur et le corps

Publié par Ranks sur 24 Novembre 2015, 11:42am

Catégories : #TESO

9- Le cœur et le corps

La rougegarde poursuit sa ronde, l’esprit peu enclin à véritablement surveiller, elle écoute les sons et hume l’air comptant plus sur ses sens que son esprit qui, lui repense à cette journée si bizarre. Marchant d’un pas sûr, elle est à l’extrémité Est du campement, passant près des falaises qui surplombent le campement.

 

Son esprit revient sur la piste, alors qu’une odeur animale lui parvient. S’arrêtant, elle hume plus fort l’air ambiant, et regarde alentour cherchant la provenance de cette odeur qu’elle connaît mais qu’elle ne sait identifier. Se figeant elle sort son épée et son bouclier, l’odeur est forte et sonne l’alerte dans son esprit, le danger est proche. S’avançant de quelques mètres, c’est au tournant de la falaise qu’elle voit une énorme forme sombre accroupie. Des bruits de mastication et d’os qui craquent sous la mâchoire puissante, l’odeur du sang et des tripes lui parviennent, lui donnant envie de vomir.

 

La forme, l’ayant elle aussi sentie ou entendue, tourne la tête sur la droite et montre un long museau, des oreilles pointues et un pelage.

 

“Par Tu'whacca, Cela ne se peut.. ! Pas ici !!” Dit-elle.

 

A ces mots le Loup-garou se relève et la regarde de ses yeux jaunes. Plus grand que la rougegarde, une musculature que l’on devine, des crocs acérés et un pelage sombre, lui rappelle le terrain de Chasse d’Hircine et la vision qu’elle avait eut d’elle même, ou plutôt de l’Autre. Tenant dans sa patte gauche quelque chose. Il ouvre la gueule et dit simplement d’une voix gutturale :

 

“... Son coeur… M’appartieeent… Je te laisse son cooorps.. ! ”

 

Le Loup-garou se décale légèrement en grondant laissant la vision d’un corps sans vie et mutilé. Il se lèche la patte gauche et lui lance nonchalamment quelque chose aux pieds. Sous les reflets des lunes Draéna reconnaît cette forme monstrueuse, reconnaît sous cette voix plus caverneuse que la sienne, sa propre voix… L’objet lancé roule vers elle un moment avant de s’immobiliser. Elle regarde le sol et voit une petite masse sanguinolente qui bat encore, elle entends les derniers battements de ce muscle.

 

*Un coeur !* Pense t’elle en relevant le visage vers le Loup-garou qui semble sourire et la regarde la défiant. Draéna pose alors un regard sur la victime du monstre.

 

*... Armure noire, des cheveux auburn… Un arc...* Pense t'elle puis elle crie : "NOOOOOOON !” Elle s’élance vers Nolwaën dont elle a reconnut le corps inerte, faisant fi du Monstre toujours entre elles. Son élan est stoppé net par le Loup-garou qui l’a attrapé à la gorge. Elle tente de le frapper mais ses coups restent vains. La soulevant du sol, il l’approche à son museau, celle-ci sent l’odeur chaude et fétide de son haleine mêlée de sang et de bave.

 

“... Pauvre foolle… Son coeur sera ma récompense.. !” Susurre avec délectation le Loup-garou, qui ouvre la gueule et mord au visage Draéna…

 

La Rougegarde se relève en sursaut en portant sa main à son cou et son visage qui ne présente aucune blessure. La sueur dégouline sur son corps nu. L’obscurité est présente, les bruits du campement lui parviennent et à ses côtés Nolwaën bouge un peu. Passant sa main sur son visage, elle soupire et se trouve idiote d’avoir rêvé ou plutôt cauchemardé, elle en rirait presque si au fond d’elle-même ce cauchemar ne sonnait pas comme un avertissement de son alter-ego. Se recouchant elle pose sa main sur le dos de sa partenaire. Doucement sans l’éveiller, elle la caresse un moment puis se recouche sur le dos. Son esprit revient sur les différents événements de ces derniers jours.

 

Son audace d’il y a deux nuits l’a amené jusqu’à cet instant. Jamais elle n’avait agit ainsi, se coucher auprès de qui que ce soit en pleine nuit. Elle avait rejoint et serré doucement Nolwaën, essayant de ne pas la réveiller, sentant son corps chaud, elle l’enlaça sans arrières pensées. Cette proximité lui avait fait du bien, se sentant en sécurité elle pouvait lâcher du leste, laisser retomber sa garde, et pour la première fois… Elle se sentait vivante et en paix avec elle même. Comme si Nolwaën l’apaisait.

 

La nuit qui suivit, ce fut Nolwaën qui vint la retrouver, nue sous une peau de bête. Là encore elle passèrent la nuit l’une contre l’autre s’enlaçant tendrement. Draéna ne dormit pas, juste une heure comme d’habitude. Elle resta là, écoutant la respiration calme de la jeune femme endormi. Quand les premières lueurs du soleil touchèrent le campement, Draéna ne bougea pas contrairement à la première nuit. Elle se fichait qu’on les voit dans la même couche.

 

La journée passe doucement, les préparatifs pour l’épreuve de force de Merwyn sont dans les pensées de toutes et tous. Puis vient enfin comme une délivrance le départ pour l’épreuve. Le combat est incertain et la finalité laisse un goût amer aux Rougegardes présents. Une discussion animée ébranle un moment le campement, Merwyn défendant son droit à ne pas tuer un animal qui s’enfuit, les autres qui ne semblent pas comprendre cet état de fait. Deux cultures s’opposent. Sentant la fureur l’envahir la rougegarde préfère se retirer et se calmer. Elle aurait été prête à laisser l’Autre se charger de Merwyn et le laisser fuir sans soins, juste pour voir s’il survivrai à ses blessures et ne prierai pas un de ses Huit pour qu’on abrège ses souffrances.

 

Dans la soirée, Nolwaën et Draéna se retrouvent pour discuter ensembles. Pas de faux semblant, juste une vérité nue qui s’impose aux deux femmes sur ce qui les rapproche, les attire. Un premier baiser est échangé, doux, passionné, promesse que de nombreux suivront… Puis vint le temps de se séparer. L’une vers les Ténèbres l’autre vers la Lumière. Nolwaën disparaissant dans la nuit pour sa ronde, Draéna se rapprochant du feu de camps.

 

Un tambour résonne dans le campement, Yamir en joue avec dextérité en regardant avec avidité Prisea et Sharih qui dansent. Merwyn lui reste assis, complètement subjugué par ces corps qui ondulent et sont autant de promesses pour ces hommes, qu’un navire marchands échoué sur le sable. La rougegarde s'assoit, encore ébranlée par les baisers de Nolwaën. Elle regarde les deux femmes, leur danse se fait plus sensuel, les mouvements s’entrecroisent, se touchent…

 

Draéna sur le dos, regarde le plafond de la tente, elle entends les chevaux s’ébrouer, le soleil allait se lever d'ici peu. Doucement, elle embrasse Nolwaën dans le cou, reprends ses vêtements, s'habille sans bruits et sort doucement de la tente.

 

La nuit fut pleine d’enseignement pour elle. La jeune femme en avait plus apprit sur les relations qui liaient les membres en une soirée que depuis son arrivée. Avant de sortir de la tente elle regarde un moment Nolwaën et sourit, avant de partir en repensant à ce pacte si simple : Chacune promets son cœur mais reste libre de son corps… Mais pouvait-elle promettre, s’engager dans cet amour, alors qu’elle ne comprenait pas ce qu’était l’Amour et que son père avait tout fait pour lui démontrer que l’amour était une faiblesse et ne permettait pas d'atteindre la perfection au combat.

 

 

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La suite ici :

http://draena.over-blog.com/2015/11/10-la-roue-tourne.html

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