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Draéna

Draéna

Une vie parmi tant d'autres


16 - Retour à Daguefilante

Publié par Ranks sur 12 Décembre 2015, 15:37pm

Catégories : #TESO

16 - Retour à Daguefilante

Tirant légèrement sur les rênes, les yeux de la rougegarde se posent sur les murailles de Daguefilante. Sa panthère-senche s’arrête docilement, tournant la tête vers la droite sentant un mouton non loin, elle se lèche les babines. La rougegarde elle, fronce les sourcils, sentant son coeur battre la chamade, elle pousse un long soupir espérant chasser le stress qui la gagne petit à petit, aux souvenirs qui l’inondent.

 

Jamais elle n’aurait pensé revenir ici, pour elle s’est encore trop tôt. Pourtant elle est là : sur ce petit pont, regardant les lourdes portes ouvertes de la ville. Elle entends les sons lui parvenir. Elle s’imagine les commerçants braillant ou s’invectivant, chacun vantant les vertus de ses marchandises. Si rien n’a changé depuis son départ, l’écurie est encore à droite, une soeur rougegarde tient cette écurie d’ailleurs !

 

*Blandine ?* Pense Draéna, se remémorant lui avoir confié maintes fois son chargeur Yokudan. Plus loin une taverne auberge dont elle ne sait plus le nom, mais qui a vu plus d’un soir des braillards, buveurs de bière débarquer. Tous arborant le tabbard des Eclaireurs du Lion… Instinctivement elle replace sa capuche et remonte le cache nez, la masquant ainsi des yeux de tous mais surtout aux yeux de ceux qui pourraient la reconnaitre. Son esprit revenant au pourquoi de sa présence ici...

 

18 mois plus tôt, Draéna est à la Lame de Léki dans le désert d’Alik’r. Attendant l’arrivée de la Horde, elle passe la soirée avec Abu al Khayr l’ancien maître d’arme de son père Sabri. Abu est un hôte des plus prévenants. A sa table, Draéna déguste de la chèvre rôtie avec du riz et une sauce de légumes relevé d’épices, qu'elle mange à la manière rougegarde avec les doigts. Un jeune apprenti sert en silence le maître et la jeune femme. Abu est friand d’anecdotes sur Sabri. il lui raconte en riant, le soir où Sabri le réveille, penaud, courbé et grimaçant de douleur en se tenant les fesses. Celui-ci revenant d’une sortie nocturne pour retrouver Nadjia, c'est retrouvé le cul dans les cactus qui bordent la maison. En remontant discrétement dans sa chambre, il avait simplement glissé. Draéna rit à l’évocation de la nuit que les deux hommes passèrent, l’un à retirer les minuscules épines, l’autre à grimacer et répéter les préceptes de Léki, surement honteux de sa position inconfortable.

 

La nuit fait place à la soirée, comme un drap de soie se posant sur une couche : en douceur. Mais les deux continuent de discuter jusqu’au matin. Draéna posant des questions sur ses parents, Abu y répondant. Au petit matin, ils se quittent, se promettant de se revoir dans la journée.

 

Sortant de la maison, Dranéa sent de suite cette présence déjà ressentie il y a des jours. Cherchant du regard, elle ne le voit pas mais sent son odeur. Il l’a suivit et elle sait pourquoi ! Autour d’elle la vie s’anime, les caravanes se forment pour repartir, les premiers coups de marteau du forgeron se font entendre. Et déjà des étudiants de la Lame font leurs premiers exercices à l’épée. Elle sent les poils de son corps se relever, comme un sixième sens, elle sait qu’un combat aura lieu, son Loup n’attendant que cela.. Mais ici ? Elle représente une menace pour tout ces pauvres bougres…

 

*Il faut m’éloigner au plus vite !* Et sans réfléchir, elle court à l’écurie, sort son cheval et le monte à crue. Elle claque ses talons sur les flancs de l’animal qui s’élance dans une course effreiné. Parcourant quelques mètres, elle regarde en arrière pour voir si on la suit, mais ne voit rien. Pourtant ses sens accrus lui disent qu’il est là quelque part. Quittant la route, elle part dans le désert, ne sachant pas vraiment quelle sera sa destination. Tout ce qui lui importe c’est de s’éloigner. Se retournant encore, elle LE voit. Une masse sombre, courant à quatre pattes, labourant le sol de ses pattes. Il va vite, trop vite pour le Chargeur Yokudan et elle sait qu’Il va la rattraper d’ici quelques minutes. La peur l’étreint et elle ne peut contenir plus avant son Loup. La transformation a lieu sur le cheval qui se cambre sous le poids et par peur. Plantant ses griffes dans le cou du cheval pour ne pas tomber, Draéna se cramponne tout en devenant le loup garou qu’elle est. Le cheval s’effondre, l'encolure en sang. Draéna chute à quelques mètres, pas encore complètement transformée. L’autre loup garou lui a déjà bondit sur le cheval qu’il déchiquette à coup de pattes puissantes, avant de regarder Draéna qui écume de rage.

 

Les deux loups garous se font face un moment, grondant, claquant des mâchoires comme pour s’intimider l’un l’autre. Ils hurlent avant de s'élancer l'un vers l'autre. Chacun prenant le dessus, sans vraiment terrasser l’autre, le combat durera des heures, des jours ou des nuits peut-être, personne ne le saura.

 

La rougegarde se réveillera le corps endoloris et meurtris, mais vivante. Non loin d’elle le corps sans vie d’un homme que déjà les vautours dépècent. En s’approchant, elle verra la poitrine de l’homme ouverte et sait qu’elle a dévorée ses entrailles et son coeur. L’avoir tué n’a pas suffit à son Loup, il lui fallait goûter à ce coeur pour asseoir sa domination. Elle ne retrouvera pas la tête séparée de son cou, de cet homme. Malgré l’horreur de la scène, elle ressent une satisfaction, une sorte de Gloire d’avoir vaincue. Mais dans le même temps, elle comprends qu’il n’est que le premier, que d’autres viendront et tenteront de la tuer car c’est dans leur nature de loup garou.

 

C’est à cet instant qu’elle décida de ne pas retourner au sein de la Horde, comprenant que le danger ne viendrait pas forcément d’elle. Pendant 18 mois, elle erre, quittant Alik’r pour Bangkoraï. Elle y fait de petits travaux lui rapportant quelques piécettes, lui assurant une subsistance précaire. C’est la rencontre avec Bakha, un Khajiit, marchand ambulant, qui la pousse à partir pour Elsweyr. Sa condition de loup garou, était comprise par les Khajiits de la caravane, et personne ne semblait apeuré, bien au contraire, chacun était prévenant et essayait d’apporter un peu de leur savoir pour canaliser cette fureur.

 

Un soir, alors que Draéna chasse et abat à l’arc un petit daim, elle tombe nez à nez avec une panthère-senche noire qui a une patte prise dans un piège. De suite Draéna la trouve belle. S’approchant de la senche, elle l’informe qu’elle va l’aider en détachant sa patte du piège. La senche grogne mais la laisse faire. Une fois libérée, la senche se relève et gronde menaçante, boitillant, elle s’approche de Draéna qui la regarde et dit :

 

“Tu es libre Khajiit, je te laisse le daim, prends des forces pour repartir...”

 

Puis elle se détourne priant les Dieux que la panthère ne l’attaque pas et elle retourne vers le camps. Depuis ce jour la panthère senche accompagne Draéna.

 

Revenant sur les murailles de Daguefilante, Draéna caresse la tête de la panthère et dit :

 

“Il faut y aller… Essayons de trouver ces Chevaliers de Saphir et ce dénommé Romën...”

 

Tandis que la panthère avance à petit pas vers les portes de la ville, Draéna s’assure que la lettre qu’elle doit remettre se trouve toujours en sa possession. Elle sait pour avoir lu le pli, que c’est important et que cela dépasse sa propre personne. Son amour pour l’Alliance l’oblige à être là, et à trouver ce groupe. Elle espère juste qu’il n’est pas trop tard...

16 - Retour à Daguefilante
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