Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Draéna

Draéna

Une vie parmi tant d'autres


3- Tempête dans le désert

Publié par Ranks sur 24 Novembre 2015, 10:46am

Catégories : #TESO

3- Tempête dans le désert

Alors que gronde au dehors la tempête de sable, Draéna tente de se reposer, assise en tailleur dans le minuscule espace de la tente, elle prie. Elle n’est pas véritablement pieuse, mais dans certaines circonstances, la foi revenait avec force et s’imposait.

 

La tente de Draéna ne tint pas, elle commença par se déchirer, laissant entrer le vent et le sable à l’intérieur. La Rougegarde sut à cet instant qu’elle allait devoir se battre une nouvelle fois. Mais cet ennemi n’était pas tangible, une lame ne pouvait pas l’atteindre, elle allait devoir survivre contre un élément qu’elle connaissait ou plutôt croyait connaître.

 

Elle range à la hâte toutes ses affaires dans son sac, remet son capuchon qui lui couvre la bouche et la tête, et sort précipitamment, en mettant le sac sur son dos. Cherchant du regard son cheval, elle se souvient qu’il devrait se trouver à sa droite… La tente elle s’envole emportée par une bourrasque. Draéna s’approche mains tendues vers l’endroit où devrait se trouver son cheval, la peur l’étreint, si elle venait à le perdre, ou s’il s’enfuyait, elle serait au plus mal.

 

Quelques mètres plus loin, elle sursaute au contact de l’animal qu’elle touche du bout des doigts. La croupe, le flanc, l’encolure… Jusqu’à la tête, les brides qu’elle attrape pour vérifier si l’arbuste auquel est attaché le cheval tiendra le coup. Par sécurité elle restera accroché à l’encolure du cheval, jusqu’à la fin de la tempête…

 

Marchant dans le sable, elle tient les rennes de son cheval qui la suit. Le soleil est déjà haut et il frappe fort, à vu de nez il est le milieu d’après midi. Son armure lourde lui pèse, mais elle ne peut pas l’enlever, il reste encore trop de danger dans le sable, attendant qu’on s’approche de trop près. La seule concession qu’elle s’est accordée, est de ne pas porter son casque, elle étouffait dedans. La tempête l’avait épuisé, elle n’avait pas dormi, pas mangée, et elle n’avait plus de tente.

 

Elle s’arrête sur une crête dominant le paysage magnifique. Les dunes d’or, des rochers, le ciel bleu, elle aimait ce paysage ouvert où le regard pouvait se porter loin. Sur sa droite un éperon rocheux, plissant les yeux et portant sa main droite pour se faire une visière, elle reconnaît la Lame de Léki, gigantesque statue représentant une main portant une lame. Estimant le trajet à environ une à deux heures, elle pense pouvoir y trouver refuge.

 

Montant sur son cheval elle se dirige donc vers cette destination. Alors qu’elle est à mi-chemin se dresse à l’est une palissade. Epuisée, n’ayant plus d’eau, sentant son cheval exténué, elle décide de se diriger vers cette palissade. Des bruits de vie se font entendre, l’odeur d’un feu se fait sentir. Un doute s’insinue en elle, s’arrêtant à une centaine de mètre, elle prends son bouclier qui est accroché à la selle et le place sur son dos, vérifiant que son épée se trouve bien sur son flanc gauche, elle tapote du talon le flanc du cheval pour qu’il reprenne sa marche.

 

L’entrée du campement n’est pas gardée, elle ralentit son cheval, prête à prendre la fuite ou se battre. D’un tour rapide de le tête, elle inspecte le campement, une sortie en face d’elle, trop loin même en forçant l’allure, son cheval est trop épuisé. Une autre sur sa droite qui sera son option si jamais. Le campement est structuré, des tentes de nomades réparties autour d’une sorte d’arène d’où des cris se font entendre. Fronçant les sourcils, elle voit des individus autour de l’arène, aucun ne font attention à elle alors qu’elle s’approche.

 

Au centre de cette arène deux corps sont au sol, une silhouette se trouve sur l’un d’eux à califourchon. Le sable est rougi par le sang et des cris se font entendre. Draéna descends de cheval et reste là, sans bouger et regarde. Elle ne sait si elle doit intervenir, tenter de porter secours, mais la fatigue, la faim et le fait de ne pas savoir ce qu’il se passait exactement font qu’elle restera là sans rien faire.

 

Un grognement sur sa gauche lui fait tourner la tête. Un colosse roux, Nordique semble t’il, bien que Draéna n’était plus sûr de rien, l’apostrophe sur la raison de sa présence. Avec respect et déférence elle dit juste :

 

« Que la paix soit avec Toi… Je ne demanderai qu’un peu d’eau et de repos... »

 

Dans l’arène cela s’agite, la silhouette à califourchon sur un des corps se relève et Draéna constate qu’elle tient une lame dans la main. On cris, on s’active pour sauver ceux qui le peuvent encore. Le mot cautérisation lui fait prendre conscience qu’un membre a été coupé. Une jeune femme s’est approchée et demande au géant de s’occuper de l’Étrangère. Draéna trop épuisée ne l’a même pas vu venir, inconsciemment elle remercie les Dieux de l’avoir épargné, elle n’aurait pas pu combattre s’il s’était avéré que ce campement fut un campement de pillards.

 

Quelques minutes plus tard, elle suit le colosse roux, qui ne décroche pas un mot ou plutôt lui donne uniquement les informations nécessaires : un endroit pour son cheval, la tente des invités, le tonneau d’eau.

 

« .. Je ferai un usage modéré de cette denrée si précieuse.. Et, je me nomme Draéna… Et vous ? » Ose t’elle.

 

Bran, lui réponds mais elle sent de la colère en lui. Etait-il proche d’une des victimes ? Se sent-il coupable ? Ou sa propre présence à elle, l'importunait ? Tant de questions qu’elle ne posera pas. Il la laisse lorsqu’elle lui assure qu’elle saura s’occuper de son propre cheval.

 

Ses vieilles habitudes de soldat étaient toujours de mise. Non pas qu’elle ne faisait pas confiance à d’autres pour s’occuper de son Chargeur, mais la relation qu’elle entretenait avec son cheval, devait passer par les soins. En le soignant, le nourrissant, le nettoyant, elle le remerciait de ce que lui faisait pour elle. Bien des fois elle avait échappé à la mort grâce à ce cheval. Il avait su sauter, accélérer ou tourner au moment opportun.

 

Avant de s’occuper de son propre confort, elle descelle donc le cheval et le brosse consciencieusement. Elle lui donne deux rations de foin, car il le méritait bien. Surtout que Draéna ne savait pas quand elle pourrait de nouveau lui donner un tel festin. Puis elle verse de l’eau dans un seau, pour qu’il se rafraichisse. Lui caressant l’encolure une nouvelle fois, elle lui dit simplement :

 

« Repose toi mon ami ! »

 

Portant le sac qui était accroché à sa selle, elle retourne à la tente si gentiment prêtée par ses hôtes. Elle y entre et constate un confort sommaire mais princier vu son état à elle. Deux couches, une table basse. La tente était de bonne qualité, elle ne s’envolerait pas au premier coup de vent.

 

Posant son sac au sol, elle en sort une chemise légère. Elle ferme les pans de la tente et quitte son armure lourde. Pièce par pièce, elle sent le poids de celle-ci l’abandonner. Mettant la chemise sur elle, elle sourit et ressort de la tente avec son dernier morceau de pain de combat en main. Une légère brise rafraichissante lui caresse la joue et elle ferme les yeux, profitant de ce souffle. Les ré-ouvrant, elle voit que le campement s’agite, on court encore, des silhouettes passent ici et là et on l’observe de loin.

 

Certains s’approchent, l’a salut rapidement. Bran revient quelques temps après, avec une outre d’eau et un ragout. Son estomac gargouille juste à l’odeur du ragout. Elle remercie et sans attendre entame le festin. Assise en tailleur devant la tente, elle mange doucement. Appréciant chaque bouchée, chaque cuillerée, mastiquant longtemps pour que toutes les saveurs de ce repas s'insinue en elle. Elle n'avait pas mangé de repas chaud depuis...

 

*7 à 8 jours j'dirai... Non.. 10, je vais pas compter la cuisse du lapin que m'ont piqué les coyottes... * Pense t'elle en souriant à cette aventure.

 

Buvant, l’eau coule dans sa gorge, sachant combien cette denrée était précieuse dans le désert elle ne laissera pas tomber une seule goutte. Accrochant l’outre à l’un des montants de la tente, elle regarde une jeune femme venir vers elle, elle reconnaît celle qui avait demandé ou ordonné au géant de s’occuper d’elle.

 

« Je me nomme Draéna, ma Sœur.. »

 

« Sharih.. Et je ne suis pas ta sœur.. »

 

Draéna sourit et s‘excuse, prétextant une habitude toute militaire. Pourtant à ses yeux, tous les Rougegardes étaient Frères et Sœurs, seuls eux connaissaient la dureté de la vie dans le désert et le prix de l’eau. Elle avait vu de l’eau à foison en Daguefilante, des rivières, des lacs, tellement d‘eau que les habitants la jetait ou la souillait…

 

Les présentations faîtes, Draéna aide Sharih à entrer dans la tente des invités. La jeune femme semble ébranlée par les événements qui se sont déroulés dans l’arène. Et alors que la jeune femme réprime des sanglots, l’ancien capitaine ose dans un ton dur, peut-être comme son père un jour avait put faire avec elle :

 

« Il est un temps, où loin de tous tu peux te permettre de pleurer... Une fois toutes tes larmes écoulées, redresse le menton et ne laisse plus rien paraître ! »

 

Détournant le regard pour laisser la jeune femme toute à sa peine et ses pleurs. Une fois celle-ci calmé, Draéna pose des questions sur ce qu’il s’est passé. Les réponses sont confuses pour elle. Sharih, lui parle de Rage et de Raison, de combat qui n’aurait pas du être. Tentant de comprendre elle redemande des explications. Elle comprendra que l’autorité du chef avait été remise en question la veille. Que celui-ci avait décliné le combat et donc avait perdu son droit à être chef. De fait, la Horde, comme il s’appelait, n’avait plus de chef officiel. Sauf qu’aujourd’hui ce chef déchu avait accepté finalement le combat… Combat qui n’avait pas de sens puisque pas de chef… Sharih lui parle également de Batek, Draéna pense d’abord que c’est une personne, une sorte de Shaman, mais comprends rapidement qu’il s’agit en fait de leur code d’honneur.

 

« Tu viens d’où ? » Demande Sharih.

 

Draéna détourne le regard, elle n’aimait pas parler d’elle mais dit quand même par politesse :

 

« Je suis née à l’Est de Sentinelle, et j’arrive d’Haltevoie.. »

 

«Tu étais mercenaire ? » Poursuit la jeune femme.

 

Draéna sourit et réponds du tac au tac à l’adolescente curieuse « Non… Soldat… »

 

Sharih voit passer un khajiit passer devant la tente et l’interpelle, s’excusant, elle sort un moment. Draéna elle, est trop heureuse de ce contretemps. Elle les observe un moment. La jeune femme semble proche du Khajiit, à moins qu’elle ne cherche le réconfort que ne peux pas lui apporter Draéna. Il faudra plusieurs minutes avant qu’elle ne revienne avec son compagnon. Draéna le regarde, incline la tête légèrement, mais celui ci ne salut pas et ne dit rien. Sharih, quand à elle, revient sur ses questions. Draéna épuisée répondra mais sans donner plus de précisions.

 

Après avoir refermée les pans de la tente, Draéna s’allonge sur sa couche. Posant son avant bras sur son front, elle ferme les yeux et pour la première fois depuis quelques jours, elle s’endort, se laissant aller à rêver que les Dieux avaient portés ses pas jusqu'à cet endroit… Et qu'ils ne l'avaient pas abandonné.

 

 

----------

La suite ici :

http://draena.over-blog.com/2015/11/4-mort-et-renaissance.html

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents